Rien n’indique de façon précise l’origine première de Mirabel qui se trouve à proximité du tracé qu’empruntait la voie romaine d’Antonin le Pieux, à la grande époque de l’Helvie avec sa capitale Alba et l’oppidum de Jastres à Lussas. Cette voie passait effectivement sur le territoire actuel de la commune, mais pas sur le site où il n’y a aucun témoignage d’une occupation à l’époque gallo-romaine.

 

Tour de Mirabel

Dressée sur un éperon basaltique du Coiron, la tour de Mirabel embrasse un paysage sublime. Le site était jadis occupé par deux châteaux, avec des tours semblables.  Construits en pierre volcanique du Coiron, les deux châteaux sont formés, non seulement par les donjons, mais aussi d’un ensemble de constructions de trois étages.

Au moment où finissent les guerres de religion, les Mirabel, petite noblesse de province, sont protestants depuis quatre générations. Mirabel assure la sécurité des passages calvinistes entre les Boutières et le Midi languedocien par le Coiron et barre le passage aux armées royales. Pour faire sauter ce verrou, le château est assiégé en 1628. Les châteaux, mis à mal par les bombardements de l’artillerie de armée catholique de Montmorency, sont démantelés sur ordre de Richelieu. Mirabel figure en effet sur la liste des forteresses réformées devant être démolies.

Seul le donjon du château ouest a résisté à l’épreuve du temps et des hommes.

 

 

Église Saint-Étienne de Mirabel

Entourée du cimetière, l’église paroissiale est située entre-murros, à l’écart du bourg fortifié. Modifié et agrandi au cours des siècles, cet édifice de style roman, pour ses structures les plus anciennes, a été construit au XIIe siècle et remplace certainement une ou des constructions plus anciennes.

Dépourvue de clocher, cette église est tardivement surmontée d’un clocheton, au XXe siècle. La cloche ancienne (1634) est décorée de reliefs : une Crucifixion, une représentation de saint Michel terrassant le dragon et une Vierge à l’enfant.

Mirabel - Église Saint-Étienne

 

Le village

Le très pittoresque village qui s’étend au pied garde le souvenir de l’ancien bourg castral. Il possédait deux enceintes, dont la dernière, datant vraisemblablement de la fin du XIVe siècle, est encore assez bien conservée. Après les guerres de Religion, les habitants reconstruisent leurs maisons dans la même enceinte du XIVsiècle. Le principe de construction des entrées et des fenêtres est modifié.

Sur la place du village, les ruelles montant au château nous invitent à la méditation. Au fond d’une impasse, la cour interne, entre les voûtes de la bâtisse, nous rappelle le refuge des descendants de la famille d’Olivier de Serres pendant la prise du village en juin 1628, avant leur départ pour le château de La Balme à Saint‑Jean-le-Centenier, puis la fuite sur Privas afin de rejoindre la demeure de Paule de Chambaud.

Une ruine nous rappelle la présence de la première école de Mirabel (1850). Du pied de la falaise jusqu’au château, des escaliers nous permettent, en montant, d’admirer le village. De ce promontoire, nous situons au loin la montagne de La Dent de Rez, la tour de Brison et le rocher d’Ajoux.

 

 

La maquette

Le but de cette maquette est de donner une idée du site de Mirabel vers l’an 1600.

Cette réalisation repose sur trois sources de documents :

  • Un croquis de Jean de Beins, ingénieur militaire de Louis XIII qui a été déssinée en 1628, lors de la prise de la ville par l’armée royale
  • Un plan cadastral du village à l’époque napoléonienne
  • Un livre de Mr. Pierre MARGOT BELRICHARD, ancien propriétaire de l’actuelle tour de Mirabel, qui pendant une quarantaine d’années a étudié l’histoire et l’architecture du château et a fait effectuer à ses frais des réparations sur la tour ainsi que des fouilles sur le site

Du château du seigneur catholique Balthazar de Flotte il ne reste que la tour encore visible et quelques ruines. Le château du coseigneur protestant de Louis III d’Arlempde a été entièrement rasé après la prise de la ville en 1628. La partie ouest du village, sous la tour, a été détruite par le feu lors de l’épidémie de peste de 1629-1630.

Cette maquette a été réalisée en 2012 par Jacques LYONNET, peintre et sculpteur à Aubenas, grâce aux documents aimablement fournis par le Maire Gilbert MARCON et par les renseignements topographiques donnés par Mr. Jean JAILLON, guide bénévole au village.

 

Sources : "Parcours Mirabel, Ville et Pays d'Art & d'Histoire", Ardèche Vivarais Méridional

"Mirabel, Son passé, son présent, son avenir", La gazette des villages