Olivier de Serres (1539-1619) est né à Villeneuve-de-Berg dans une famille de notables aisés. Son père est marchand drapier, consul de Villeneuve et recteur de l’hôpital. Fils aîné de la famille, il baigne dans une culture humaniste propre à son époque et s’initie à de nombreux domaines de connaissances (médecine, architecture, hydraulique, botanique).

En 1578, à l’âge de 39 ans, il s’installe définitivement dans la propriété du Pradel, qu’il a acquis 20 ans plus tôt et qui l’a fait accéder au rang de la noblesse vivaroise. Celle-ci se présente sous la forme d’un vaste domaine agricole en terres cultivables et bois, Olivier de Serres en fait un lieu de vie et un territoire d’expérimentations agricoles.

Homme de terrain, il pratique une approche de l’agriculture qui prend en compte la qualité des sols et leur orientation; il expérimente la plantation de nouvelles espèces végétales (coton, canne à sucre, safran, pastel, tabac, pomme de terre, etc).

Il est l’un des précurseurs en matière de drainage et d’irrigation ; il met en place un ingénieux système hydraulique dont la Mère des fontaines (source artificielle qui recueille et redistribue les eaux sur le domaine) est l’élément pivot.

Conformément au goût de son époque, Olivier de Serres cultive également l’art des jardins (potager, bouquetière, médicinal, verger) qu’il met en oeuvre sur le domaine et qu’il théorise.

En consignant ses observations, Olivier de Serres travaille à son oeuvre, le « Théâtre d’Agriculture et Mesnage des champs », qu’il fait imprimer à Paris en 1600. Cet ouvrage de plus de 1000 pages, qui traite en huit « lieux » de tous les aspects de la tenue d’un domaine agricole, est réédité 19 fois au cours du siècle.

Ses expérimentations et écrits sur la culture du mûrier blanc, qui favorise la sériciculture (éducation du ver à soie), recueillent la plus grande attention de la part du Roi de France, Henri IV. Cette activité contribue à l’essor économique de la région aux 18e et 19e siècles.

Olivier de Serres étant converti au protestantisme, le domaine du Pradel sert un temps de refuge, et subit à ce titre de nombreuses destructions au début du 17e siècle, avant d’être reconstruit par Daniel de Serres, fils d’Olivier.

 

 

Source : "Parcours Mirabel, Ville et Pays d'Art & d'Histoire", Ardèche Vivarais Méridional